Depuis le 1er septembre, IFP School dispose d’un nouveau laboratoire d’électrotechnique.
Alessio Dulbecco, Responsable du programme Powertrain Engineering, nous présente ce nouvel espace dédié à l’expérimentation sur les machines électriques et les convertisseurs de puissance.
1. Où se trouve le nouveau laboratoire ?
Le nouveau laboratoire d’électrotechnique est situé au rez-de-chaussée d’IFP School, dans un espace largement vitré et très lumineux, conçu pour offrir aux élèves un environnement de travail à la fois fonctionnel et agréable.
2. D’où vient l’idée et depuis quand ce projet était-il en préparation ?
L’idée est née de la refonte, il y a deux ans, du programme ingénieur spécialisé Powertrain Engineering. Le programme a été repensé autour du learning-by-doing, donnant une place beaucoup plus importante aux activités pratiques. Il devenait donc essentiel de disposer d’un laboratoire adapté, dans lequel les élèves puissent expérimenter et travailler dans de bonnes conditions.
3. À quel besoin pédagogique répond-il ? Quels types de travaux et/ou projets d’études peuvent être effectués par les élèves ?
Le laboratoire permet de travailler sur la caractérisation et le contrôle des machines électriques et des convertisseurs de puissance, ainsi que sur la conception et le test de circuits électroniques liés notamment au groupe motopropulseur d’un véhicule électrique.
Il est principalement utilisé par le programme Powertrain Engineering, mais pourra également accueillir des activités des programmes Énergie et motorisations et Offshore Wind Project Development. L’objectif est de développer des compétences concrètes en électrotechnique, électronique de puissance, contrôle, mesure et expérimentation.
4. Qu’est-ce que ce laboratoire va changer concrètement pour les élèves dans leur manière d’apprendre ou de se préparer aux attentes des industriels ?
À l’heure où l’intelligence artificielle transforme les métiers de l’ingénieur, nous pensons qu’il est essentiel de conserver un lien fort avec la réalité physique des systèmes. Concevoir un dispositif, le réaliser, le tester et mesurer ses performances permet de mieux comprendre les phénomènes et les contraintes réelles.
Les élèves qui s’approprieront cette démarche et cette méthode de travail disposeront ainsi de compétences directement mobilisables et pourront être rapidement opérationnels en entreprise.
5. Quels équipements de tests et mesures compte ce laboratoire ?
Le laboratoire dispose notamment de bancs d’essais permettant de caractériser les principales typologies de moteurs électriques, ainsi que des convertisseurs de puissance et leurs systèmes de contrôle.
Une autre valeur ajoutée importante est la possibilité pour les élèves de concevoir, réaliser et tester eux-mêmes des circuits électroniques de base, en confrontant directement la théorie à l’expérimentation.
6. En quoi ce laboratoire s’inscrit-il dans les enjeux actuels de transition énergétique, d’électrification ou d’évolution des métiers auxquels prépare IFP School ?
L’électrification constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de décarbonation de la mobilité. Elle concerne bien sûr les véhicules électriques à batterie, mais également les différentes architectures hybrides, les véhicules à pile à combustible et, plus largement, tous les systèmes énergétiques intégrant des machines électriques, de l’électronique de puissance et des dispositifs de stockage de l’énergie.
Le nouveau laboratoire d’électrotechnique permet aux élèves de dépasser l’approche purement théorique pour comprendre concrètement le fonctionnement de ces systèmes. Ils peuvent notamment étudier les principes de conversion électromécanique de l’énergie, caractériser différentes machines électriques, analyser leur couple, leur puissance, leur rendement et leurs pertes, et observer l’influence des conditions de fonctionnement et des stratégies de commande.
Le laboratoire permet également d’aborder l’électronique de puissance, qui joue un rôle central dans les chaînes de traction électrifiées. Les élèves peuvent comprendre le fonctionnement des convertisseurs, des onduleurs et de leurs lois de commande, mais aussi analyser les phénomènes transitoires, les pertes par conduction et par commutation ainsi que les contraintes thermiques associées.
L’un des enjeux pédagogiques majeurs consiste à apprendre à raisonner à l’échelle du système complet. Il ne suffit pas d’optimiser séparément une batterie, un onduleur ou une machine électrique : il faut comprendre leurs interactions, leurs domaines de fonctionnement, leurs limitations et l’incidence des choix d’architecture et de contrôle sur les performances globales.
Les élèves apprennent également à confronter les modèles utilisés en simulation aux mesures réalisées sur des équipements réels. Cette articulation entre modélisation, contrôle-commande, instrumentation et expérimentation est essentielle dans les métiers actuels de l’ingénierie. Elle permet de développer une véritable capacité d’analyse critique : comprendre les hypothèses d’un modèle, interpréter un résultat expérimental, identifier les incertitudes de mesure et expliquer les écarts entre le comportement théorique et le fonctionnement réel d’un système.
Enfin, ce laboratoire accompagne directement l’évolution des métiers auxquels prépare IFP School. Les entreprises recherchent désormais des ingénieurs capables de travailler à l’interface entre l’électrotechnique, l’électronique de puissance, l’automatique, la thermique, la mécanique et les systèmes embarqués. Le laboratoire contribue donc à former des profils capables de concevoir, modéliser, tester, piloter et optimiser les futures chaînes de traction électrifiées, mais également des systèmes stationnaires de conversion et de gestion de l’énergie.
7. Quels acteurs ont été impliqués dans sa conception ?
Le projet est issu de la réflexion pédagogique menée autour de l’évolution du programme Powertrain Engineering, mais sa réalisation a été un véritable travail collectif.
L’implication de l’administration et des centres de formation d’IFP School, d’IFP Training ainsi que des équipes techniques et de sécurité d’IFPEN a été déterminante. Leur mobilisation et leur coordination ont permis d’aménager, d’équiper et de rendre le laboratoire opérationnel dans les délais prévus.
Entretien réalisé par Meyling Siu